Archive for the 'TATVAN' Category

20
Sep
08

De Tatvan à Doğubayazıt

250 kilomètres environ séparent Tatvan, au sud-ouest du lac de Van, de Doğubayazıt, au pied du mont Ararat. Je les ai parcourus en dolmuş, préférant la couleur locale de ces mini-bus privés à celle des grandes lignes d’autocars.

J’ai dû « changer » trois fois : d’abord à Ahlat, ensuite à Patnos, enfin à Ağri. Autant les changements d’Ahlat et d’Ağri ont été rapides et simples, autant celui de Patnos fut long, incertain… Nous sommes arrivés en plein marché et la petite ville était envahie de tracteurs rendant toute circulation compliquée et même impossible. Résultat : ma « correspondance » n’était pas là. Et personne ne parlait un mot d’anglais pour m’expliquer où attendre… ce dolmuş qui n’arrivait pas.

Personne ? Sauf qu’à Tatvan, j’avais fait la connaissance de Sinan. Bien qu’il ne parlât aucune langue étrangère, et moi très peu de turc, j’ai fini par comprendre que Sinan était un militaire fraîchement revenu à la vie civile, et il avait bien vu que j’étais un touriste légèrement égaré dans ce far-east turc. Même s’il ne faut pas en jouer (nos hôtes turcs s’en rendent très vite compte), le statut d’étranger perdu est de loin le plus confortable, et Sinan s’est fait un devoir d’attendre avec moi, de s’occuper de mes bagages, de s’enquérir de ma faim, ma soif, et même si j’avais besoin d’aller au toilettes… et tout ça, jusqu’à ce que je fusse bien installé dans le prochain dolmus (qui a bien fini par arriver). Je précise que ces attentions ont pris à Sinan une bonne heure et demie, et qu’il a fait tout cela de plein gré, sans rien en attendre en échange, seulement par sympathie (réciproque), désir et devoir de protection envers l’étranger…

Quand je pense à l’accueil que nous, touristes, recevons ici, et à celui que nous accordons aux étrangers, j’ai parfois un peu honte… d’être parisien.

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20
Sep
08

Tatvan pratique

Tatvan est un gros village à l’ambiance charmante, 100 % kurde. On y discute tard dans la nuit autour d’un thé avec de la musique orientale, et cela peut laisser des souvenirs inoubliables. En dehors de cela, la ville n’a pas particulièrement d’attraits touristiques, sinon, évidemment, le bord du lac, ainsi qu’une mosquée récemment rénovée.

On y mange très bien, et je recommande le Sismek lokantasi sur l’avenue principale (délicieux et moins de 10 YTL pour un repas complet). Je recommande également les hôtels Dilek et Alize (30 YTL, petit déjeuner compris).

On peut se rendre en dolmuş à Ahlat (3 YTL) et faire l’aller-retour dans la journée (excursion magnifique et la route au bord du lac de Van est inoubliable).

On peut également se rendre sur le volcan Nemrut, où monsieur Sélici tient un excellent campement (en été). Son fils parle un très bon anglais (0539.981.64.87, nemrut.krater.lake@hotmail.com).

Un bon site sur Tatvan : Tatvant.net

L'hôtel

L'hôtel Alize

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19
Sep
08

Tatvan, se souvenir des belles choses

Je suis arrivé à Tatvan alors que la nuit commençait à tomber, et comme j’avais accompagné une danoise, rencontrée dans le train, à l’embarcadère (situé à deux kilomètres au nord de la ville), c’est dans l’obscurité complète que je me suis enfin dirigé vers le centre, guidé par le seul chapelet de lumière des lampadaires de la côte. Un dolmuş m’a cueilli au passage et contre 50 centimes, m’a déposé dans la rue principale.

Je suis toujours un peu inquiet quand j’arrive dans ces villes totalement inconnues. L’incertitude réelle se mue sournoisement en un sentiment d’insécurité. De quoi j’ai peur ? Je n’en sais rien. Ni des turcs, ni des kurdes, ni des gens, ni de la nuit, ni des chiens errants… J’ai peur parce que je suis loin de chez moi, sans repère, sans connaissance, comme « livré » à l’inconnu (je dois avouer qu’une part du délice du voyageur vient aussi de cette insécurité…). J’ai peur sans admettre ma peur ni parvenir à m’en défaire tout à fait. J’imagine qu’un parachutiste, à chaque fois qu’il s’élance, ressent la même petite pointe au coeur, et que c’est pour retrouver ce sentiment et la joie de son dépassement, qu’il recommence toujours.

Probablement que Safed a deviné ma peur, ou du moins l’incertitude de celui qui s’est perdu, sans repère. Il m’adresse la parole en anglais, le rituel « Where are you from ? », et je réponds « France ». Il sourit et me demande si je cherche un hôtel, ce que j’admets, et là, m’assure de son aide.

Ce n’était pas si facile de trouver un hôtel ce soir-là, et nous avons dû nous y reprendre à trois reprises. Safed me guide, traduit, et s’adresse aux réceptionnistes. Il prend le temps et ne me laisse que lorsqu’il est bien assuré que ma chambre me convient tout à fait.

Plus tard, dans la soirée, alors que tous les hommes sont dans la rue à discuter et boire du thé, je croise à nouveau Safed. « Ah Olivier… » et il me présente à ses amis, m’offre du thé… Alors que nous discutons, il me prend à part et me déclare :

« Je suis originaire d’Irak. Je me souviens de Madame Danielle Mitterrand. C’est à cause d’elle que je voulais absolument t’aider ».

J’ai été soudain fier en me rappelant que nous avons été ce pays-là. Il y a longtemps, c’est vrai, mais nous nous en souvenons toujours.

La mosquée de Tatvan

La mosquée de Tatvan

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