Archive pour décembre 2008

20
Déc
08

Harput, par tous les temps

Depuis la citadelle, le panorama peut être splendide

Depuis la citadelle, le panorama peut être splendide

Le principal intérêt « touristique » d’Elazig est la ville d’Harput.

Située sur les hauteurs, à une dizaine de minutes de dolmus du centre d’Elazig (1 YTL l’aller-simple), Harput est célèbre pour sa forteresse et sa grande mosquée (Ullu Cami, et son minaret penché), ainsi que ses hammams (dont un encore en activité). Ville ancienne, de monuments et de ruines,  la ville abrite également des tombes célèbres, d’autres anonymes.

En plein hiver, j’ai dû me battre contre le brouillard, la neige, la nuit… pour réaliser ce quelques variations sur un minaret penché et ses alentours.

La forteresse d'Harput, sous le soleil d'hiver

La forteresse d'Harput, sous le soleil d'hiver

Au matin, il avait neigé...

Au matin, il avait neigé...

Le hammam

Le hammam dont le dôme est recouvert de neige.

Contre neige et nuage, le croissant musulman se dresse, résistant.

Contre neige et nuage, le croissant musulman se dresse, résistant.

La tourmente de l'hiver qui s'accroche au montagne et menace la plaine

La tourmente de l'hiver qui s'accroche au montagne et menace la plaine

La neige renforce l'impression de désolation de la petite ville de Harput.

La neige renforce l'impression de désolation de la petite ville de Harput.

———————————————————————————————————————

La grande mosquée d’Harput et son minaret penché.

Le fâmeux minaret penché

Le fâmeux minaret penché

Le même minaret un jour de brouillard

Le même minaret, mais pris un jour de brouillard et d'un autre point de vue.

L'intérieur de la mosquée

L'intérieur de la mosquée, splendide.

Toutes les photos que j’ai prises à Harput l’ont été de haute lutte, tant les conditions, changeantes mais toujours froides (l’hiver se conjuguait avec l’altitude)  finissaient par m’engourdir les doigts jusqu’à la paralysie.

La grand mosquée, vue générale

La grand mosquée, vue générale

Je tiens à rendre hommage à Roxanne dont les photos d’Harput, également prises en plein hiver m’ont donné le courage de poursuivre (du genre : si elle s’est obstinée, pourquoi pas moi ? – clin d’oeil camarade !).

Publicités
19
Déc
08

Elazig, côté pratique.

Qu’on arrive par la route et l’otogar, par le train ou par l’avion, il faut de toute manière rejoindre le centre-ville – loin – où se trouvent tous les hôtels et la plupart des restaurants. On gagne du temps en demandant la poste (PTT Meydena) dans le dolmus.  Je précise que de tous les accès, c’est l’otogar qui est le plus « galère », très loin du centre-ville et mal relié par les dolmus (il faut changer, ou marcher). La gare de chemin de fer, par ailleurs, n’est pas non plus au centre, mais on le rejoint très facilement en remontant la rue en face, tout droit en marchant pendant dix-quinze minutes. De l’aéroport, la navette THY mène directement au centre, mais c’est assez cher (7 YTL).

Toutes les accomodations comme on dit en anglais sont donc au centre-ville, dans un périmètre restreint, ce qui facilite le séjour du touriste de passage.

Devant l'objectif, la pose est figée - mais l'acceuil est sympa.

Devant l'objectif, la pose est figée - mais l'accueil est sympa.

Elazig compte de nombreux hôtels, notamment économiques (jusqu’à 5 YTL sans chauffage, ni douche). L’héroïsme ayant ses limites, j’ai choisi le Turistik Otel (41 Hürriet Cad, Elazig – 0 424 218 17 72 – tarif : 25 YTL en single, 40 en double) où je suis resté près d’une semaine : bien chauffé, pas trop bruyant, bien équipé (salle d’eau, mobilier, placards), et propre, l’hôtel n’a qu’un seul défaut (mais bien réel) : on n’y sert pas de petit déjeuner.

Pour ce dernier, j’ai pris mes habitudes à une centaine de mètres de là, près du dolmus garaj, chez Damak (Harput cad).

La façade est modeste, le lieu réputé.

La façade est modeste, le lieu réputé.

Au fond, le patriarche, généreux et drôle.

Au fond, le patriarche, généreux et plein d'humour.

Cette pâtisserie est tenue par une famille très sympa, le thé y est réconfortant et les gâteaux bons. On s’en tire pour 2 ou 3 YTL le petit déjeuner (thés et patisserie, ou viennoiseries turques), en fonction de ce qu’on prendra.

On peut aussi prendre un vrai khavalti turc (avec concombre, fromage, olives, omelette, pain, miel et thé) au restaurant Orjin (Valifahribey caddesi) pour 5 YTL.

Orjin est l'un des restaurants qui 'marchent' le mieux à Elazig

Orjin est l'un des restaurants qui 'marchent' le mieux à Elazig

Je précise que ce restaurant fut mon repère (plutôt pour dîner) : un peu plus cher que les kébabs alentours, avec une décoration qui rappelle plus la banlieue de Hambourg que les splendeurs ottomanes, ce restaurant m’a tout de même beaucoup plu parce que j’y ai retrouvé de ‘vrais’ plats (et pas seulement des grillades). En particulier, je conseille le haslama, qui est un genre de pot au feu où un carré d’agneau remplace notre pièce de boeuf – mais tout ce que j’ai goûté chez Orjin était entre le bon, le très bon et le délicieux. Le service est en plus tout à fait extra (il me fait un peu penser à l’esprit ‘Chartier’ à Paris). On dîne copieusement pour une dizaine de livres (mais on peut aussi se contenter d’une soupe et d’un kuneife pour 6 YTL).

on mange ici des plats turcs traditionnels.

La déco... contestable mais 'modern' ne doit pas induire en erreur : on mange ici des plats turcs traditionnels.

12
Déc
08

Le Taurus

La chaîne du Taurus, envahie par les nuages

La chaîne du Taurus, envahie par les nuages

le Taurus, vu par temps clair

le Taurus, vu par temps clair

10
Déc
08

Les combats de Fatih

J’ai rencontré Fatih dans la rue, à Elazig, le 5 décembre 2008. Son visage m’a intéressé, et je lui ai demandé l’autorisation de le photographier. Il a accepté.

J’aime bien cette première photo, où se mèlent le plaisir d’être vu, remarqué, et l’expression, me semble-t-il, d’une sorte d’absence au monde qui l’entoure, absence un peu mélancolique. J’aime aussi le contraste entre un peu d’espièglerie et une virilité volontaire. Les photos prises plus tard n’auront plus cette fraicheur, et mon copain de rencontre prendra alors toujours la pose, empruntée.

Fatih

On sympathisera rapidement : il fait froid et Fatih m’invite à venir boire un thé dans la boutique de son frère aîné, Riza. (Ils y font des clés-minute ;  l’affaire, en plein centre-ville et sur une place dédiée au départ des dolmus pour les villes voisines, marche bien).

Quand je demande à Fatih s’il connaît un lieu d’entraînement de foot pour que je tente d’y faire quelques photos, malgré la grisaille assommante, il m’y emmène d’un coup de voiture. On discutera pendant le trajet, et sur le parking du stade désert, en allemand et en anglais. Il m’explique alors son parcours : départ à 19 ans pour l’Allemagne, petits boulots, délinquance, prison, expulsion et retour à Elazig. Il me dit aussi qu’il ne souhaite plus partir, qu’il est content d’être de retour dans son pays, avec ses amis. On parle de la taule, des petits détails de la taule, avec pudeur et franchise à la fois. J’ai l’impression qu’il est content d’en parler, mais qu’en même temps il se protège de tout ce que ma présence peut lui rappeler de son expérience européenne. Il met en avant son choix de vie, sérieux, le respect de la religion, de la famille. Je n’insiste pas et nous prenons congé l’un de l’autre.

Le surlendemain, en passant sur la place des dolmus, je passe dire bonjour à Fatih. Il semble très content de me voir et me demande de rester avec lui : nous irons alors chez son meilleur ami, Ali, grossiste en fruits et légumes. Avec ce dernier, il propose que nous passions la soirée ensemble. On se donne rendez-vous pour 19 heures, après mon travail sur le marché aux moutons.

Dans la soirée, deux autres copains se joindront en fait à nous. Tous les quatre veulent m’emmener au Hammam. Un instant, je pense à mon expérience syrienne… Il n’en sera rien.

Le Hammam en question vient d’ouvrir et tient autant de l’aqualand occidental que du bain turc traditionnel. C’est neuf, hyper-moderne et propre, ludique (un toboggan fantastique nous arrachera des hurlements sous le regard un peu sévère du garcon de bains). Ils ont voulu m’offrir ce que la ville réservait de meilleur à leurs yeux.

Après nous sommes allés manger une soupe dans un petit restaurant ouvert tard, et puis on a bu quelques bières, et je suis parti me coucher.

C’était du temps camarade, du temps fraternel. Une virée entre potes, dans cette petite ville perdue, et je pensais au film de Mickael Cimino, The deer hunter.

J’ai observé Fatih, ce rien de réserve qu’il conserve, son quant-à-soi, ces années allemandes qui le séparent tout de même un peu de ses copains d’enfance. J’ai pris conscience de tout le courage dont il fait preuve, à tenir bon sans rêve, à s’accrocher à une vie qui n’est plus tout à fait la sienne, mais qui est la seule possible pour lui aujourd’hui.

Fatih, c’est le deuxième nom du sultan Mehmet. Il l’a endossé après la prise de Constantinople. Mehmet le victorieux.

J’ai souhaité que mon Fatih d’Elazig soit aussi victorieux, dans le combat qu’il mène : rester droit.

08
Déc
08

Et puis on égorgea la bête…

Fatih et sa famille m’ont invité à assister au rituel de l’égorgement de l’animal, le sacrifice du mouton en mémoire d’Abraham.

J’ai accepté, entre curiosité « cultuelle » et courtoisie pour mes hôtes.

Ali immobilise la bête, avec douceur

Ali immobilise la bête, avec douceur

D'un geste sûr, Ali égorge la bête, le sang gicle.

D'un geste sûr, Ali égorge la bête, le sang gicle.

ce sacrifice animal nous rappelle de ne pas sacrifier nos propres enfants.

On met un peu de sang sur le front du petit dernier : ce sacrifice animal nous rappelle de ne pas sacrifier nos propres enfants.

Après son dépeçage, la bête n'est plus qu'une carcasse pendue à un crochet de boucher. Son sang gît sur le sol, frais.

Après son dépeçage, la bête n'est plus qu'une carcasse pendue à un crochet de boucher. Son sang gît sur le sol, frais.

La mère d'Ali entreprend de dépecer la tête de l'animal.

La mère d'Ali entreprend de dépecer la tête de l'animal.

Les têtes seront elles aussi cuisinées, et très appréciées.

Les têtes seront elles aussi cuisinées, et très appréciées.

07
Déc
08

Trois portraits

Si on veut montrer quelque chose, il faut choisir parmi une centaine de portraits qui se sont livrés généreusement, ce jour, veille de Bayram. C’est difficile. Chaque visage nous rappelle quelque chose, une émotion, une rencontre. Pratiquement tous « mériteraient » publication, et regard.

Il y a aussi la peur de ne pas être compris dans ses choix : un vieil homme au foulard kurde, très typique, très « photo de voyages » passera mieux qu’un jeune homme au visage plus quelconque, qu’on pourrait rencontrer en France, en Espagne ou ailleurs, et qui pourtant m’en raconte, et tente de vous en raconter plus.

J’ai choisi de faire confiance au lecteur de passage, et d’abandonner tout pittoresque, au profit du visage – de son effroi figé, à sa joie vitale.

.

.

..

..

...

...

07
Déc
08

La vente des moutons

Bergers et moutons ont envahi la ville, en cette veille de Bayram Korban (fête de l'Aïd)

Bergers et moutons ont envahi la ville, en cette veille de Bayram Korban (fête de l'Aïd).

Je n’aime pas céder trop au pittoresque : il emprisonne trop mon regard, il me maintient dans la position du touriste dépaysé, consommateur d’étranges tableaux de vie,  alors que j’essaie plutôt une approche de rencontres et d’empathie réciproque.

Mais la fête de Bayram korban (l’Aïd en arabe) me surprend au coeur de ce court séjour. Je la découvre à l’improviste alors que toute la ville s’y prépare avec joie et parfois même fièvre. Les kurdes sont ravis de m’en montrer toutes les facettes – je suis leur invité, le konuk. Alors, je me fais curieux.

Mais bien des photos prises ces jours-là seront aussi des portraits, des portraits émus. Je les montrerai dans mon prochain post.

Les bergers kurdes sont là. Leur noblesse attire mon regard.

Les bergers kurdes sont là. Leur noblesse attire mon regard.

La bête choisie n'est pas forcément très coopérative... ça se comprend !

La bête choisie n'est pas forcément très coopérative... ça se comprend !

Chacun veille sur son troupeau, la chaussée est méconnaissable.

Chacun veille sur son troupeau, la chaussée est méconnaissable.

Ces beaux moutons seront tous égorgés dans les jours suivants... loi de la vie, et fête rituelle obligent.

Ces beaux moutons seront tous égorgés dans les jours suivants... loi de la vie, et fête rituelle obligent.

Chacun souhaite que je photographie ses bêtes. Je m'exécute de bonne grâce.

Chacun souhaite que je photographie ses bêtes. Je m'exécute de bonne grâce.

Chacun pose généreusement. Rares seront les refus.

Chacun pose généreusement. Rares seront les refus.

Je suis toujours fasciné par cette présence père-fils sur mes photos.

Je suis toujours fasciné par cette présence père-fils sur mes photos.

Marché conclu !

Marché conclu !

Le froid est vif, pénétrant en cette fin d'après-midi. On se rechauffe près d'un feu. On m'offrira là un verre de thé, bienvenu.

Le froid est vif, pénétrant en cette fin d'après-midi. On se rechauffe près d'un feu. On m'offrira là un verre de thé, bienvenu.




Articles les plus consultés

décembre 2008
L M M J V S D
« Nov   Fév »
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
293031  
Publicités