Archive pour la catégorie 'Restaurant'

05
mai
09

Kars, confins désolés de la Turquie moderne

La citadelle et le Karsçay

On ne visite pas Kars sans être porté ici par une empathie de voyageur. On va si loin, pour si peu. Aux confins de la Turquie, cette ville respire la tristesse et l’hiver (3° C ce matin-là) -  on se rappellera le très beau roman d’Orhan Pamuk, Neiges, dont l’action se situe ici et dont, par exemple, on retrouvera avec bonheur la gazette et sa vieille imprimerie, sur Faik Bey Cad..
Le pèlerin de Kars va vers un nulle-part bouleversant.

Bien sûr, on pourra visiter la citadelle, les hammams en ruines ; on observera les vieilles maisons russes à l’abandon, et l’église arménienne rénovée.

Mais on se frottera, plus que partout ailleurs en Turquie, à la mélancolie et à quelque chose de discrètement poétique – pour qui ne cherche pas dans le voyage une succession de satisfactions, mais plutôt la perte et l’abandon.

Côté pratique, je préfère l’hôtel Oz Karvansaray récemment rénové (chambre double à 40 YTL) ; je prends mon petit déjeuner au Khavalti Salonu – on y retrouve chaque matin les soldats venus se restaurer d’oeufs brouillés, de fromage, de miel et d’olives noires – au fond de la “galerie” dont l’entrée fait face à l’hôtel (éviter la patisserie moderne également en face de l’hôtel mais dont l’entrée est sur la rue, l’accueil peut y être détestable et l’addition gonflée). Le soir, plutôt que le restaurant Ocakbasi (prononcer Odjakbazè), correct mais trop “sans surprise”, je recommande le Semazen, dans la même rue (Ataturk Cad.). La spécialité d’agneau cuit à l’étouffé est inoubliable, même si le décor est quelconque (compter 10 YTL par personne).

04
mar
09

Un konak arménien à Gaziantep

Pendant que je découvre la rénovation du quartier arménien (qui fera de Gaziantep, dans quelques mois, une vraie destination touristique et culturelle), le patron d’un des cafés branchés que j’ai décrits dans un précédent post, me propose de venir découvrir un véritable konak (palais), longtemps à l’abandon et qui va bientôt être rénové… pour devenir un luxueux restaurant.
Je suis époustouflé par la splendeur des décorations intérieures, ce côté Versailles outragé par le temps, et en même temps ému : comment ne pas penser à ceux qui ont fait construire cet endroit, mais ont dû le fuir un siècle auparavant sous la menace des pogroms ?

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On a protégé les boiseries par des baches

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L'endroit sert encore d'entrepôt en attendant mieux

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Les boiseries rappellent l'Europe du tout début du XIXe siècle

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Magnifique porte ouvragée

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Quelles fêtes ont été données ici, sous ces plafonds fabuleux ?

03
mar
09

Le quartier arménien de Gaziantep, et ses cafés branchés

De retour à Gaziantep où j’avais passé deux jours en Décembre, le hasard de mes pas me porte sur la colline au dessus de l’hôtel Anit où je ne tarde pas à découvrir l’ancien quartier arménien, qui de délaissé et moribond, est en passe de devenir le lieu branché de cette capitale régionale.

Dans les cafés et les maisons rénovés, je retrouve un peu de l’ambiance si douce d’Alep. Un orient cossu et bon enfant, lieux favoris – et abrités des regards – pour des étudiants qui viennent ici, filles et garçons, passer du temps ensemble

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Les ruelles de l'ancien quartier arménien


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Une inscription arménienne au dessus de l'entrée du Bagdat Café, ancienne demeure du Pope arménien

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La porte d'entrée du Bagdat Café

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Le poële à bois chauffe la salle du bas du café Bagdat en cet hiver rigoureux

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Un petit salon du Papirus Café

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Des étudiants refont le monde autour d'une tasse de thé

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Ces coussins accueillent le visiteur dans un petit salon discret et comme à l'abri de la ville

La joyeuse équipe du Papirus Café

La joyeuse équipe du Papirus Café

19
déc
08

Elazig, côté pratique.

Qu’on arrive par la route et l’otogar, par le train ou par l’avion, il faut de toute manière rejoindre le centre-ville – loin – où se trouvent tous les hôtels et la plupart des restaurants. On gagne du temps en demandant la poste (PTT Meydena) dans le dolmus.  Je précise que de tous les accès, c’est l’otogar qui est le plus “galère”, très loin du centre-ville et mal relié par les dolmus (il faut changer, ou marcher). La gare de chemin de fer, par ailleurs, n’est pas non plus au centre, mais on le rejoint très facilement en remontant la rue en face, tout droit en marchant pendant dix-quinze minutes. De l’aéroport, la navette THY mène directement au centre, mais c’est assez cher (7 YTL).

Toutes les accomodations comme on dit en anglais sont donc au centre-ville, dans un périmètre restreint, ce qui facilite le séjour du touriste de passage.

Devant l'objectif, la pose est figée - mais l'acceuil est sympa.

Devant l'objectif, la pose est figée - mais l'accueil est sympa.

Elazig compte de nombreux hôtels, notamment économiques (jusqu’à 5 YTL sans chauffage, ni douche). L’héroïsme ayant ses limites, j’ai choisi le Turistik Otel (41 Hürriet Cad, Elazig – 0 424 218 17 72 – tarif : 25 YTL en single, 40 en double) où je suis resté près d’une semaine : bien chauffé, pas trop bruyant, bien équipé (salle d’eau, mobilier, placards), et propre, l’hôtel n’a qu’un seul défaut (mais bien réel) : on n’y sert pas de petit déjeuner.

Pour ce dernier, j’ai pris mes habitudes à une centaine de mètres de là, près du dolmus garaj, chez Damak (Harput cad).

La façade est modeste, le lieu réputé.

La façade est modeste, le lieu réputé.

Au fond, le patriarche, généreux et drôle.

Au fond, le patriarche, généreux et plein d'humour.

Cette pâtisserie est tenue par une famille très sympa, le thé y est réconfortant et les gâteaux bons. On s’en tire pour 2 ou 3 YTL le petit déjeuner (thés et patisserie, ou viennoiseries turques), en fonction de ce qu’on prendra.

On peut aussi prendre un vrai khavalti turc (avec concombre, fromage, olives, omelette, pain, miel et thé) au restaurant Orjin (Valifahribey caddesi) pour 5 YTL.

Orjin est l'un des restaurants qui 'marchent' le mieux à Elazig

Orjin est l'un des restaurants qui 'marchent' le mieux à Elazig

Je précise que ce restaurant fut mon repère (plutôt pour dîner) : un peu plus cher que les kébabs alentours, avec une décoration qui rappelle plus la banlieue de Hambourg que les splendeurs ottomanes, ce restaurant m’a tout de même beaucoup plu parce que j’y ai retrouvé de ‘vrais’ plats (et pas seulement des grillades). En particulier, je conseille le haslama, qui est un genre de pot au feu où un carré d’agneau remplace notre pièce de boeuf – mais tout ce que j’ai goûté chez Orjin était entre le bon, le très bon et le délicieux. Le service est en plus tout à fait extra (il me fait un peu penser à l’esprit ‘Chartier’ à Paris). On dîne copieusement pour une dizaine de livres (mais on peut aussi se contenter d’une soupe et d’un kuneife pour 6 YTL).

on mange ici des plats turcs traditionnels.

La déco... contestable mais 'modern' ne doit pas induire en erreur : on mange ici des plats turcs traditionnels.

18
sept
08

Au buffet de la gare d’Haydarpaşa

Quand commence le voyage en Turquie ?

Dès qu’on s’autorise à le rêver, traçant des itinéraires imaginaires et que défilent en nous les destinations possibles, comme autant de propositions, d’invitations faites à soi-même ? Lorsqu’on acquiert le Guide du Routard et son complément Gallimard, et qu’on feuillette les livres avec gourmandise, glanant l’info, la recoupant, la vérifiant sur internet ? Lorsqu’on se décide à acheter son billet d’avion sur Opodo.fr ? Non, pas encore, le voyage n’a pas vraiment commencé.

Peut-être le voyage débute-t-il au matin du départ : réveil qui sonne, un rien d’angoisse et beaucoup d’enthousiasme… vite, vite vers l’aéroport ? Non, le voyage n’a toujours pas commencé.

Il faut alors avoir atterri, et vu les drapeaux rouges et blancs claquer au vent de la terre turque ? Ou bien faut-il avoir présenté son passeport au policier qui fait alors lourdement tomber son tampon sur la page encore vierge ? Non, là vous êtes bien en Turquie mais le voyage, le vrai voyage, lui, n’a pas commencé.

Je sais : le voyage commence après le bus Havas qui mène de l’aéroport à la ville, quand on descend à Aksaroy, et que, sous nos yeux, les viandes rôtissent aux devantures des restaurants, quand la foule est pressée, qu’elle nous bouscule, indifférente à nos lourds sacs, quand on entend des hommes se héler dans cette langue étrangère… Non, ça c’est la Turquie, pas le voyage en Turquie, pas le début du voyage en Turquie.

Alors je ne sais pas… Dites-moi vous-même quand commence le voyage…?

Oui, le voyage ne débute vraiment que lorsque l’on quitte la rive européenne d’Istanbul. Quand le Vapur quitte le quai de Karakoy vers la gare d’Orient, Hayderpaşa. Lorsque la ville offre son couchant et que le bateau nous emmène sur l’autre rive. Quand on entre enfin dans le hall de la vielle gare de style allemand, et que le hall magnifique nous rappelle que nous sommes sur la ligne Berlin-Bagdad… Oui, alors le voyage a vraiment commencé.

Moi, je vais alors dîner au buffet. J’aime son cadre vieilli, vieillot et ses jolies faïences au mur, l’accueil à la fois simple et « grande maison », l’illusion légère qu’on était bien attendu ce soir-là, la compagnie des autres voyageurs, turcs pour la plupart, le raki, l’agneau grillé, les tomates, le fromage…

De ma table gourmande et rassasiée, je contemple les derniers éclats du soleil qui se couche, et le Bosphore qui s’obscurcit. Je réalise que nous regardons vers l’Occident, quand notre coeur et sa fièvre secrète sont déjà en Orient, et c’est ce paradoxe inaugural, tellement turc, qui signe vraiment l’entrée en Turquie.

Couché de soleil sur le Bosphore

Couché de soleil sur le Bosphore

La façade de la gare

La façade de la gare

Le buffet de la gare

Le buffet de la gare

PRATIQUE :

Pour aller de l’aéroport Atatürk à la gare d’Hayderpaşa (compter environ 90 minutes) : prendre le car Havas (10 YTL) à l’arrivée et descendre à Aksaroy (premier arrêt).

Remonter la rue jusqu’au tram, prendre un jeton de tram au kiosque à côté de l’arrêt (1,40 YTL) et prendre un tram direction Kabatas, descendre à Karakoy. De là, aller vers le Bosphore (100 mètres) et la gare maritime. Prix du jeton : 1,50 YTL. Monter dans le Vapur après avoir vérifié qu’il va bien à Hayderpaşa.

On achète les billets de trains au guichet, à droite du hall en entrant. Le mieux est d’avoir préparé sa requête par écrit (destination, couchette, et votre NOM). Le buffet et la consigne se trouvent après le hall, côté quais à droite.




 

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